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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 21:14

 

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Décidément j'aime beaucoup lire ce bonhomme.

 

On s'en remet une couche.

 

Le texte original est à cette adresse. C'est traduit un peu à l'épaulé jeté mais le sens y est.

 

 

Thanks mate !

 

 



Les agresseurs pro-actifs sont renforcés par leur maitrise de l'espace et du temps. Ils s'appuient sur leur choix du moment et de l'endroit et sur le fait que leur victime réagira trop tard.


La majeure partie de ma vie s'est passé à faire respecter la loi, dans des hôpitaux psychiatriques ou des centres spécialisés pour jeunes (délinquants je suppose), des boulots dont le point commun est d'avoir affaire à des gens désespérés qui sont enclins à la violence. Il existe d'excellents systèmes de gestion de la violence qui offrent un entrainement pratique en désescalade de situations potentiellement violentes et en intervention physique si besoin.


Les trois formations majeures sont l'Institut de Prévention des Crises (Crisis Prevention Institute), L'intervention psychologique et physique non violente (Non-Abusive Psychological and Physical Intervention) et Intervention de Crises (Therapeutic Crisis Intervention en.wikipedia.org/wiki/Therapeutic_Crisis_Intervention, à peu près intraduisible, Cf. le lien). J'ai trouvé que ces trois programmes cadrait bien avec l'état d'esprit du Budo tel que le présentait Ueshiba le fondateur de l'aïkido dans leur souci de préserver l'individu qui représente une menace pour nous ou ses collègues. Ces programmes sont ouverts à tous ceux qui travaillent dans les forces de maintien de la paix, le système médical ou l'éducation et ils étendent nos outils martiaux à des applications plus vastes en dehors du dojo.


Dans le système d'intervention en situation de crise de l'Université de Cornel, le comportement agressif est divisé en deux types distincts, chacun avec sa dynamique et nécessitant des réponses différentes.

Le premier type est dit de "l'agressivité réactionnelle" qui se caractérise par une forte charge émotionnelle, une perte de contrôle mental et physique et très peu de motivations autres que de libérer sa colère. C'est le type même du patient psychotique, du conducteur enragé, l'alcoolique (l'alcoolisé) violent, bref tous ceux dont la charge émotionnelle submerge leur capacité à réagir de façon non violente. Ce comportement entre en éruption comme un volcan et il n'y a pas ou peu de décision consciente lors du passage a l'acte.

Le second type d'agression est appelé "agression proactive / volontaire" et se caractérise par peu ou pas d'émotions, une motivation précise et un contrôle mental et physique modéré ou fort. C'est le tyran persécuteur qui utilise la violence ou la menace ou bien le prédateur rompu à l'agression violente. La cible est choisie avec précision ainsi que que le lieu et le moment. Si la victime semble une "cible dure", la violence est abandonnée ou dirigée ailleurs.

Ces deux types d'agressivité sont des situations potentiellement violentes mais l'usage de la violence dans une situation tangente est influencée par nos actions. Notre réponse peut minimiser ou accroître la probabilité de violence. La violence n'intervient pas de façon isolée, indépendante, c'est UN PROCESSUS DE COMMUNICATION / RELATIONNEL.

La meilleure réponse à la charge émotionnelle et de demeurer calme et stable. O sensei symbolisait cette attitude par le carré, les qualités de la TERRE. La colère de l'individu submergé par ses émotions peut souvent être apaisée, dé-escaladée avec une attitude d'empathie, une présence calme et en donnant de l'espace et du temps pour la laisser s'exprimer fort et longtemps. Le contrôle de la violence le plus puissant et le plus efficace que j'ai trouve consiste à ECOUTER. Ca n'a l'air de rien mais écouter est difficile et par là je veux dire: ne pas interrompre, ne pas polémiquer et ne pas faire la morale. Une écoute habile consiste à se taire et rester calme en NOUS MEMES et ne pas jeter de l'huile sur le feu en utilisant la phrase habituelle mais inefficace "calme toi" qui nie l'intensité de la souffrance.

Plutôt qu'essayer de calmer les gens en colère, je fais en fait l'inverse - je les encourage à exprimer leur colère oralement, à laisser vider la pression fort et longtemps. Cela permet de décharger la même dose d'énergie mais sans danger et dommage. L'attitude sur la réserve "non active" qui consiste à bien  écouter active en nous les qualités de l'élément Terre, cet endroit paisible qui nous permet d'être au milieu du bruit et de la fureur sans avoir envie de "faire" quoi que ce soit. Mon ami Terry Dobson disait "parfois ne rien faire est une réponse très puissante".

Dans les cas où la colère de l'individu submerge leur capacité de contrôle, nous devons être prêts à répondre physiquement. L'individu excité tend à téléphoner ses intentions violentes et puisque nous avons donné à cette personne beaucoup d'ESPACE personnel, nous avons le TEMPS de réagir. Les attaquants réactifs perdent leur contrôle mental de sorte que lorsque leur violence explose, ils ont beaucoup d'énergie mais peu de contrôle physique, leur équilibre est médiocre et facile à perturber. La non résistance, symbolisée par l'EAU marche très bien sur ces personnes. O sensei dit de devenir l'EAU, qui est souple, réceptive et n'offre pas à ces personnes la la résistance stable dont ils ont besoin pour ne pas tomber. L'aikido tel qu'il est couramment pratiqué est un bon entraînement pour ce type de violence dans la mesure où on met l'accent sur une harmonisation souple et non résistante.

L'aggression proactive du tyran ou du prédateur présente une dynamique complètement différente qui requière une réponse pro active. La nature passive de l'aïkido moderne nous ne nous y prépare pas. O sensei décrit souvent le FEU comme un élément essentiel de son Aiki qui confère de l'énergie, de la concentration, de l'intensité à nos actions mais qui est rejeté dans la majorité de la pratique actuelle pour laquelle bouger durant ou après l'attaque est la norme. Mais le FEU n'a pas à être destructeur et ne signifie pas forcément pas dureté, c'est un élément d'UNE REPONSE ACTIVE PRECOCE.

Lorsque le prédateur commence son approche, le FEU en nous envoie un fort signal "ARRIERE" accompagné d'un geste, d'un ton de voix, d'un comportement physique et un coup d'oeil qui envoie clairement le message "TU ES PREVENU". C'est la "douve" d'énergie que le Fondateur décrit. Le message transmet une information importante POUR LE PREDATEUR: cette proie est consciente d'un danger, cette proie connait mes intentions (de loin), cette proie pourrait être difficile, pourquoi ne pas attendre quelques minutes et en choisir une plus facile (à approcher). Utilisé à bon escient et avec le bon timing, l'élément FEU en nous peut faire reculer ce genre de personnages. Ce n'est pas de la théorie. Plus d'une fois, j'ai arrêté des criminels qui étaient plus fort et plus endurcis que moi. Je crois qu'une fois, ça m'a épargné le dilemne de tirer sur quelqu'un.

Les agresseurs pro actifs sont renforcés par leur contrôle / maîtrise de l'espace et du temps. Ils s'appuient sur leur choix du moment et du lieu et ils escomptent que leur proie va réagir trop tard. Ils utilisent des feintes verbales, la distraction et la confusion momentanée pour s'approcher suffisamment près et lancer leur attaque, avec ou sans une arme. Une fois qu'ils ont cassé la distance (c'est étonnamment facile avec la plupart des gens), PERSONNE NE PEUT REAGIR A TEMPS. Il existe une pensée magique qui court dans tous les arts martiaux. "Si j'acquiers une très bonne technique, je serais capable de l'utiliser u dernier instant". Ce mode de pensée est si pervasif et accepté qu'il est devenu un mythe universel des arts martiaux, renforcé par la la subtile chorégraphie de démonstrations sans erreur.

L'entraînement moderne de la police aide les policiers à comprendre que une fois qu'ils ont permis à un individu agressif de s'approcher suffisamment, leur temps de réaction est rarement suffisant pour leur permettre de se défendre avec leur arme ou à main nue. Voilà pourquoi 50% des policiers sont tués AVEC LEUR PROPRE ARME. L'entraînement moderne des policiers leur apprend qu'ils ont besoin de plus de 6 mètres [21 pieds soit 6,5 m brassa mada] pour réagir avec succès contre une attaque surprise au couteau. Et pourtant de nombreux amis pratiquants croient encore qu'ils peuvent attendre (et attendre et attendre) jusqu'à ce que l'intention et l'attaque soient bien claires avant d'agir.

Le FEU, bien qu'il ne soit pas nécessairement dur, est EXPLOSIF ET INATTENDU. Si la réponse à notre avertissement puissant n'a pas pour résultat un arrêt immédiat de l'approche (quelle que soit l'habileté de la réponse verbale), nous AGISSONS. Cela peut prendre la forme d'une frappe, une feinte, une distraction suivie d'une projection ou d'une immobilisation, le dégainage d'une arme, hurler pour appeler de l'aide ou s'enfuir. Le timing de l'action est plus important que la NATURE de l'action. En agissant LE PREMIER, vous placez l'AGRESSEUR DANS LA POSITION D'AVOIR A REAGIR. la VICTIME CHOISIT MAINTENANT le lieu et le moment exacts de l'interaction physique. 

Pendant quarante ans, j'ai passé mon temps sur le tatami à attendre passivement d'être saisi ou que mon partenaire vienne à moi pour une frappe. Bien sûr ils saisissent ou frappent de la manière prescrite et il est facile d'entretenir l'illusion que j'ai "réagi" avec succès. Même au Japon, je n'ai trouvé que deux dojos où le défenseur est le premier à bouger pour initier la technique (où on met uke en place pour la technique). C'étaient des dojos exceptionnels ou le kiai et l'atemi dynamique de l'aiki budo étaient encore au coeur de l'entraînement d'aiki.


On dispose désormais d'une documentation suffisante sur les mots et les conseils d'O sensei pour savoir que - à part pour les exercices préliminaires (kihon dosa) - il ne croyait pas l'attente, il croyait à la prise de contrôle précoce et active. Ses élève directs ont à de nombreuses reprises rapporté que O sensei semblait passif parce que ses actions "initiantes" étaient si subtiles qu'ils ne réalisaient pas qu'il était déjà en train de bouger. Un de mes professeurs, Kazuo Chiba, rappelait que Ueshiba disait "ce n'est pas le Budo si vous commencez votre mouvement seulement après que la frappe (l'attaque) est en mouvement".


Nous pouvons rester dans notre zone de confort ou prendre O sensei au sérieux quand il nous enjoint de pratiquer le TAKEMUSU AIKI - la volonté d'incarner l'élément que la situation exige, TERRE - EAU - FEU. Ces dernières années, mon entraînement est entré dans un nouveau et étrange territoire. En plus des exercices fluides et dynamiques d'harmonisation, je travaille désormais à mettre en place mes techniques SANS ATTENDRE LA SAISIE / FRAPPE MAIS EN BOUGEANT LE PREMIER pour mettre en place la technique. Cette pratique est difficile et moins prévisible. Moins prévisible signifie plus dangereux et donc la vitesse de pratique doit être adaptée aux capacités du partenaire.


Je suis en train de décrire une pratique "fondée sur la recherche" plutôt que pratique artistique habituelle (embu). Ma pratique ne semble plus aussi gracieuse et artistique que mon ancienne pratique. Je n'ai pas d'avenir sur Youtube. Mais l'entraînement quotidien est plus excitant maintenant que jamais auparavant - c'est comme tout recommencer, au niveau suivant. C'est jouer avec l'espace, le temps et jouer avec les réactions d'uke (les attaquants). Je crois que O sensei appelait cette pratique "cultiver l'attraction" [la force attractive chère à G.Blaize].


Nous pouvons prévenir la violence et lui répondre habilement si la violence est inévitable mais nous devons avoir un accès déshinibé et spontané à tout ce qui est en nous, la gamme complète des réponses humaines. TAKEMUSU AIKI n'est pas qu'une philosophie, c'est notre PRATIQUE et si nous la pratiquons elle ne nous trahira pas.

 

 

 

J'ai envie de ne faire aucun commentaire tant ce texte se suffit à lui-même. Comprenne qui veut et peut.

 

 

Gambarimasho.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 11:27

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Trouvé sur le site de Stan Pranin ce texte lumineux qui fournit le prétexte d'une traduction. Pas mal de gens maitrisent suffisamment l'anglais mais je pense aux handicapés du bulbe et ceux qui ont choisi Moldave en première langue.

 

Le texte original ici


C’est court et ça déménage, attachez vos ceintures.
 
 
 
Introduction de Stan san:
Le commentaire par Tom Collings sur l'article  Competitive martial arts training: “What you get, what it costs” (d'ailleurs essellent) fournit la matière de cet article. J'ai eu le sentiment que le propos de son auteur méritait une attention particuliere, notamment pour ceux qui encouragent la compétition dans les arts martiaux ou qui éprouvent le besoin de dénigrer l’aikido en tant qu’art martial.
 
 
 Et c'est parti.

 

 
En Février, j’ai fêté mes 25 ans de travail dans les rues du ghetto [à NYCity NdT] et j’aimerais arriver en vie à la retraite. Gagner n'a pas d'importance pour moi, la seule chose qui m’intéresse c’est la survie - c'est ma définition personnelle du mot GUERRIER. La plupart des styles ont un un point de vue valable et présentent aussi des faiblesses inhérentes. Vous devez être clair sur vos besoins personnels, puis choisir ce qui fait sens pour vous.
 
Il est vrai que le combat rapproché va souvent au sol, mais il est également vrai que dans la violence du monde réel, le sol est le PIRE endroit où se trouver. Vous pouvez facilement être coupé /poignardé et il est facile de se faire massacrer par les copains de votre adversaire.


Sans manquer de respect au MMA, mes entraînements en sparring du passé n’ont fait que renforcer ma vision tunnel, émousser ma vision périphérique (mon outil de survie essentiel) et ma sensibilité sur le champ de bataille.
 
Ce qui m'a été en revanche très utile ce sont les exercices d’O sensei tels Tai No Henko et les Kihon qui nécessitent des pivots immédiats sur l’arrière ou les déplacements latéraux hors de la zone mortelle (en face/devant). L’entraînement multidirectionnel aux armes comme Happo giri et les katas de jo qui nécessitent des changements de direction continuels se sont révélés également très utiles.
 
Les raisons du refus d'O sensei de rendre son Budo compétitif (d’inclure la compétition dans son Budo) ne sont pas SEULEMENT philosophiques, elles sont aussi TACTIQUES. Il avait vécu le combat réel [polysémie ici, la phrase peut aussi vouloir dire: son propos était le combat réel, ce qui revient au même somme toute] et ses éléves partaient au combat [ici encore: il envoyait les soldats qu’il entraînait au combat]. Il savait que tout sparring retire de l’esprit / diminue la conscience / la vision / la sensibilté du champ de bataille (la rue) et le fait passer en mode JEU, à savoir concentrer son attention sur une personne unique… mon adversaire / compétiteur et une direction seulement… EN FACE.
 
 
Si vous pouvez vous permettre de porter votre concentration totale sur l'avant, c'est un jeu, pas le combat. Vous en arrivez à compter sur l'arbitre pour surveiller votre dos et vous protéger des autres si vous allez au sol. Je ne suis pas opposé au MMA parce que la discipline serait brutale, laide et dépourvue de tout rituel Budo ou shugyo qui apporte à l'esprit calme et clarté. J’admets que mon opinion est biaisée; mon grand-père a été tué par le côté dans une bagarre, et mon partenaire [binôme de police] a été agressé par l'arrière.
 
 
JE NE PEUX PAS M’OFFRIR LE LUXE DE LA VISION TUNNEL QUE TOUTES LES FORMES DE COMPETITION INSTILLENT. Je laisse ces jeux aux jeunes athlètes et à mes camarades sportifs.
 
Une fois à la retraite, je tenterai de ramener une coupe de mini golf !





J'avais prévenu: ça déménage.


Ecouter les histoires, bénéficier de l'expérience.


1. Je ne supporte plus les démos d'aïkido un contre un, règlement de comptes à OK Corral, Far west pardon Far East. On y met en scène une gentille chorégraphie idéalisée qui concentre et résume et pérennise tous les problèmes de l'aïkido "moderne" disons contemporain.
On objectera que justement c'est de la démo et donc que c'est idéalisé consciemment mais on voit trop de tori qui jouent au guerrier sur des ukes masochistes pour ne pas y voir l'expression d'un narcissisme plus ou moins impuissant selon les démonstrateurs.


Le bois ne rend pas les coups. Basta.


2.  Le sparring c'est bien mais ses limites sont réelles. Ca éduque le cuir et l'esprit, ça apprend à faire gaffe et c'est déjà bien. Je comprends quand même mal comment et pourquoi il n'y a pas une épreuve de sparring et/ou de multidirectionnels au-delà de la saisie d'épaules au shodan d'aïkido, sans doute pour ne pas recaler trop de gens.


3. L'aikido aujourd'hui est contaminé par le principe de compétition et de spectacle sans même s'en rendre compte. Le un contre un est au fond l'essence du sport dont la soumission (et la contribution) à l'idéologie capitaliste n'est plus à démontrer, passons. Et je préfère ne pas parler des Combat Games qui portent bien leur nom. Certains jours je me dis que les situationnistes avaient tout compris et prévu: "Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation".
Guy Debord, hélas, heureusement, hélas.


Entre O sensei qui refuse une démo pour ne pas présenter un mensonge (et plutôt que le traiter de coquetterie, pourquoi ne pas lui faire confiance?) et la grande foire des Demo annuelles, 155ème International Truc Bidulle, on se dit que le spectacle est passé par là.


4. A force de faire du un contre un, on oublie toutes les autres directions. A moins que la réalité ne nous le rappelle durement. C'est ici que les "kata" se révèlent précieux pour peu qu'on les connaisse au-delà des apparences Youtube.


5. Il est réconfortant de constater par l'expérience d'un pro que tai no henka est véritablement l'exercice premier de l'aïkido et que la sortie de ligne d'attaque est un impératif contrairement à ce qui se voit parfois où tori accepte la frappe dans l'espoir naïf ou délirant d'absorber quoi que ce soit, par exemple un shomen ou yokomen de la part de quelqu'un qui veut sa peau.


6. Dernier point. J'aime bien le MMA de loin. J'admire la dose de courage et/ou/plus d'inconscience nécessaire pour aller se fritter avec un adversaire bien entraîné et qui a aussi envie de faire fortune. Mais je crois que je n'aurais pas non plus beaucoup aimé les Jeux du Cirque: tous les romains loin de là n'y allaient pas, sauf lorsque les Jeux servirent de spectacle à une société qui s'aveuglait sur son état de santé réel…


7. Merci TOM.




Gambarimasho.





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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 08:40


J'ai eu la grande chance de rencontrer un maître dessinateur.

Son nom est Frédéric Lair. A ma grande honte voilà des années que je n'ai pris de nouvelles mais l'inverse est vrai aussi. Une fois revenu en France, j'irais le visiter à Saint Lo (paradoxal on le verra), histoire entre autres de réaliser une série de photos et les mettre en ligne quelque part. 

Difficile de décrire l'extraordinaire. Disons simplement que Fred est le meilleur dessinateur que j'ai jamais rencontré, et de très, très loin. Il dessinait quasiment avant de parler et n'a ensuite vécu que pour cette obsession unique: l'art et singulièrement la peinture.

En fouinant dans mes cartons, j'ai trouvé cette vieille carte en A3 qui rend assez peu justice à son incroyable main: ce n'est qu'un crobard rapide effectué en quelques minutes, en retard comme d'habitude. 

Fredmini.jpg


Il pouvait tout dessiner. Dans le fond de son atelier de Puteaux, une pièce était entièrement remplie de croquis, probablement deux mètres cubes... Tous aussi impressionnants les uns que les autres. Le plus fascinant était la diversité des écritures (étant entendu qu'il n'existe pas de "style" mais seulement des écritures) car il pouvait dessiner à la manière d'à peu près n'importe qui. Je l'ai vu réaliser des copies de Lautrec dignes du meilleur des faussaires.

Il représente, et aujourdhui encore, la meilleure occasion qui m'a été donnée d'approcher sinon un génie, du moins un des rares à en avoir la capacité et certains des symptômes négatifs ("le génie, c'est une névrose qui a réussi" disait-il). Fred hélas, était très auto destructeur, l'alcool étant le moyen de la destruction mais aussi un outil de transe, de perception donc de création. Tout cela est très paradoxal.

Voir dessiner Fred était en soi une expérience, tout comme voir pratiquer O sensei j'imagine (tout est dans le j'imagine car au fond qui d'entre nous a eu l'occasion de le voir en chair et en ikkyo...?). J'ai posé deux fois pour de grands portaits ce qui était le meilleur poste d'observation. A l'époque il réalisait des 2 mètres sur 2 au pastel. Pas le pastel mièvre habituel mais la matière chatoyante des pastels Sennelier, les meilleurs, saturés de pigment. Il frappait parfois ces délicats petits tubes hors de prix avec une violence qui faisait ricocher les éclats dans l'atelier. Pas par plaisir ou affectation mais seulement quand et parce qu'il le fallait. 

huh


Sa virtuosité technique éclatait à chaque instant. Il réalisa une série de caricatures des habitués du bar d'Amar... sur des cartons à bière et au stylo Bic noir. Le petit rond de bière fournissait un cadre idéal pour toutes ces bonnes tronches. Comme disait un autre copain, Jean Pascal Bredenbach, il faut trouver son format après tout devient plus simple (JP joue souvent au grand cynique mais il n'a pas tord comme souvent).

Je ne crois pas avoir vu un seul dessin méchant de sa part. Il pouvait faire deviner la couleur des yeux du modèle au crayon noir, au graphite... Le matin en lui apportant des croissants, je découvrais une BD érotique inachevée dessinée dans la nuit, un autoportrait ou un texte méticuleusement incompréhensible en raison de son écriture démente et suprêmement élégante.

Il était extrêmement difficile à suivre. Physiquement d'abord. Outre le fait qu'il pouvait se lancer à corps perdu dans une bagarre de rue pour porter secours à un copain, son alcoolisme l'exposait à des dangers sans nom qui l'ont amené à l'hôpital, en prison, parfois couverts de bleus, les poings dénudés de leur peau après avoir tapé sur un mec ou un mur. Difficile de le suivre dans la boisson aussi, un jour vers quatre heures du matin avant de m'écrouler, j'eu à peine le temps de l'entendre déboucher une énième bouteille et de lâcher "oh me... tu dors déjà?". 

Il vivait l'instant comme personne d'autre. Il n'y avait aucune stratégie dans sa vie, aucun calcul à court ou plus long terme: il faisait, vivait, dessinait, jouait un blues à la guitare ou l'harmonica, partait sur un coup de tête. 
Sa virtuosité l'intéressait d'ailleurs à peine, pour lui ce n'était qu'un moyen. "Je suis un peu plus virtuose mais il n'y a que le résultat qui compte". Un jour nous dessinions le même patron de bistro et à la fin, il m'a lâché "bon j'ai fait un bon dessin de pro mais le tien lui ressemble plus". Sous entendu t'es pas un pro mais on s'en fout. 

guh
(Ma tête après le compliment...)

Cette même virtuosité aurait pu énerver mais les crétins étaient obligés de la fermer et les autres appréciaient tout simplement en se demandant "mais comment peut-on dessiner aussi bien? Comment peut-on dessiner ainsi, avec cette facilité déconcertante?" Parce que j'ai pratiqué kotai quarante ans, aurait lâché O sensei...

La moindre ligne, la moindre impulsion du crayon disait une sorte de petite aventure. Parfois on ne comprenait pas du tout où il allait et soudain tout s'éclairait, c'est le cas de le dire... Si l'on étudiait la ligne en détail, on trouvait souvent une quasi abstraction dans un tout figuratif, bien loin de la technique classique. J'imagine que les élèves d'O sensei devaient ressentir la même imprévisibilité, l'absence de cadre clair, le sentiment d'être embarqué dans le processus un peu angoissant de la création, angoissant parce que hors normes, en dehors des sentiers battus, témoins de la manifestation de la vie dans une activité créatrice.

Le flot dans le dessin est très similaire à celui que l'on peut ressentir dans l'Aikido et pas mal d'autres choses aussi. Aux meilleurs moments, on devient canal, médium, transmetteur, tube... Ce n'est pas je qui crée dans cet instant, c'est vraiment le monde qui passe dans le corps et l'esprit. Plus je s'absente, mieux ça (se) passe. Le travail consiste à se préparer. S'entraîner, expérimenter, devenir le meilleur des tubes, être prêt à tout admettre pour laisser passer la grâce (survivre, vivre, ce genre de choses). M.Musashi dans le traité des cinq roues dit avoir grandement profité de la calligraphie et de la sculpture. Rien d'étonnant.

Face à cette énigme, la plupart des gens se contentaient d'admirer et éventuellement d'acheter. Il arrivait assez fréquemment que certains disent :" ah mais, qu'est-ce que je donnerais pas pour dessiner comme toi!". C'est là qu'on aborde un sujet encore une fois très similaire, très parallèle à l'aïkido. Apprendre, devenir capable de.

"Apprends-moi" disaient certains. Sa réponse ne variait que dans la forme, plus ou moins saoûle, énervée ou rigolarde selon l'interlocuteur (un jour il a envoyé chier un conservateur du Louvre qui pensait lui faire la leçon sur Rembrandt: tsss, il avait fait la copie de la Conjuration de Claudius Civilus...).

"Ben, vas-y, lance-toi". Tu veux dessiner? Ben, fonce! Allez, vas-y. Fred n'était vraiment pas du genre à décourager les gens ou à prétendre être détenteur d'un savoir ou d'une capacité mystérieuse. Vraiment pas. Pas le genre à jouer le maître cinquante ou le shihan...

Évidemment son jugement pouvait être cinglant à l'occasion face aux prétentieux, peintres ou pas (combien d'aikidoka auraient tenu trois secondes face à lui? peu).
"Le dessin c'est la chose la plus importante de ma vie alors raison de plus pour la prendre légèrement" me dit-il un jour. Certes, c'était à moitié de la coquetterie puisque sa légèreté était intimement liée à une gravité presque désespérée. Une affaire ou l'on ne réussit que si l'on se donne sans réserve. Sans tricher. Et pour encore plus que le beau. À la seule gloire de Dieu disait J.S Bach. 

bluh


Toutes les anecdotes que me racontait Fred étaient autant d'indices, d'exemples. Au plus intime, l'art se nourrit de cette matière vivante de perceptions et d'expériences. Une anecdote expliquera une nécessité ou un fragment de vérité. Ce que transmet le maître peut être en partie technique mais au-delà il transmet à celui qui sent et désire une matière bien plus subtile et émouvante. Je me souviens de ce tableau dans lequel un homme en contre jour tendait sa main au spectateur, laissant couler entre ses doigts (à moins qu'elle ne lui échappât) une matière bien plus précieuse que l'or - et quelle main magnifiquement dessinée. Une main qui offre et qui démontre en même temps, voilà une bonne image du maître.

On s'étonne que Ueshiba n'expliquait pas ses techniques. On glose à l'infini sur la culture de l'enseignement, les nécessités supposées, réelles ou fantasmées du budo. D'abord il n'expliquait peut-être pas à tout le monde et peut-être pas de la même façon. Ensuite les génies créateurs n'ont souvent que peu de goût, peu de temps à consacrer à l'enseignement. On imagine mal Picasso en prof pour apprentis génies. Dans le cas de Fred, il estimait que les écoles de dessin ne sont pas faites pour les chiens et que si l'on veut de la technique, il suffit de s'y inscrire. Dans le cas d'O sensei, la donne est un peu différente dans la mesure ou son dojo était aussi un lieu d'enseignement à la façon d'un atelier classique. Cela dit, même dans l'atelier, le maître guidait dans l'apprentissage mais qu'on n'imagine pas Rembrandt ou Rubens enseigner la perpective si ce n'est en quelques minutes, d'ailleurs il ne faut guère plus. En revanche, Rembrandt emmenait ses élèves dans la campagne aux alentours pour crobarder: rien de plus instructif que de comparer les productions sur un même motif et puis comme ça on respire la vie et le bon air.

Cela ne signifie pas que Fred ne donnait aucune explication technique mais seulement qu'elle pouvait tomber à n'importe quel moment et qu'il fallait être attentif pour ne pas la rater. Mais l'explication technique ne pouvait exister sans sa raison d'être artistique, à quoi bon expliquer ce qu'est une ligne si on n'a pas conscience de l'être "jusqu'à l'incarnation, jusqu'au poids atomique", disait-il. Quelle soit non une limite mais la rencontre de deux plans n'explique qu'en partie son caractère flou, apparemment indécis chez Velasquez, Rembrandt ou plus explicitement Bacon.

buho

Une autre leçon du quotidien: il dessinait sans cesse. Partout. Sur mes / ses / leurs murs, sur le journal, dans la rue, les bars, à l'hôpital, au restau. Il créait parfois des tableaux, des œuvres instruites, pensées, voulues, à la fois produits de la conscience et de l'inconscient. Mais aussi mille crobards qu'il jetait dans un coin ou abandonnait simplement derrière, ne voulant pas s'alourdir. Il dessinait TOUT, répétant la phrase de Goethe "ce que je n'ai pas dessiné je ne l'ai pas vu".

Comment finir? Au fond Fred disait et ne faisait qu'une seule chose: irimi.

Lance-toi.
Pas de gomme.
Commence.

Pas de  protection, pas de demi mesure. La vie et la mort sont toutes les deux à cet endroit, le dessin les capte dans l'instant (dans le meilleur des cas). A la seule condition d'avancer, de se jeter dans la vie, dans l'action, dans le geste. 


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 18:42

Bien des mois plus tard: Persiste et Signe !

 

 

Première parution en 2010.

 

 

Il est très rare que je parle politique, a fortiori ici, ce sera sans doute la seule fois. Donc please lisez jusqu'au bout. Si vous appréciez ce blog, cet article est sans doute l'un des plus importants et parle encore d'Aïkido.

 


***


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Le 18 mars 2003, Le parlement a adopté une des pires lois jamais votées en France: la loi pour la sécurité intérieure (LSI ou Loi Sarkozy II).

 

Concernant la prostitution, un nouveau délit a été instauré : le « racolage passif ». Dans le Code pénal, une nouvelle infraction est prévue: « Le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération est puni de 2 mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende ».

Le délit de racolage est ainsi élargi et intègre désormais le racolage passif et aggrave cette infraction en la transformant en délit. Le projet de loi prévoyait 6 mois...

… soupir.

 

La loi fut votée en dépit de tous les avertissements des associations, des professionnels, des magistrats, des avocats, des gens qui connaissaient la question.

 

De quoi s'agissait-il? D'éliminer la prostitution des centres-villes. La simple vision

Ne pouvant résoudre l'éternel problème de l'attitude à adopter avec la prostitution (vivant en Asie où la prostitution est partout, ce genre de loi laisse rêveur), on décida de rejeter le problème plus loin. 

Dans l'ombre, 

Dans le non-dit.


Les conséquences furent, comme prévu, dramatiques. 

En quelques semaines, les filles disparurent de la capitale et des centres-villes, repoussées vers les banlieues, les bois ou les parkings d’autoroute. Loin des yeux des bien-pensants, les filles sont désormais isolées, fragilisées, plus exposées que jamais.

Harcèlement policier, gardes à vue répétées, violences illégitimes verbales et physiques, viols, rackets et autres humiliations - sans parler de la terreur, pour les étrangères, de se voir reconduites à la frontière. 

12.000 procédures en sept ans…

« Certains agents de police nous insultent, nous frappent, nous gazent, nous rackettent, confisquent nos matériels de prévention, notre argent et affaires personnelles. Nous sommes humiliées dans les commissariats, mises à nues avec fouilles au corps » 

(collectif Droits et Prostitution) 

 

Rendues invisibles, les prostituées sont devenues plus vulnérables, soumises à des réseaux clandestins en augmentation parce que moins repérables, sujettes davantage encore au trafic d'êtres humains.


Très logiquement la prévalence du HIV et SIDA est en hausse:

 

« Nous notons, ces dernières années, une augmentation des infections sexuellement transmissibles chez des personnes prostituées très précaires. Pourquoi ? Parce que la prostituée n'a plus le pouvoir sur le client, il profite de cette situation et demande des rapports non protégés. Or, la personne va parfois accepter pour pouvoir se nourrir, payer son hôtel », explique Miguel-Ange Garzo, psychologue-clinicien. Tout notre travail de prévention est remis en question ».

 

Le Conseil national du Sida: « La pénalisation du délit de racolage a contribué à pousser les prostituées à se cacher, à développer de nouveaux modes d’exercice, les rendant plus difficilement accessibles à la prévention et aux associations et plus à la merci des proxénètes et des clients », 

Le cadre législatif actuel a contribué à une « dégradation globale des conditions de vie et d’exercice des prostituées [qui] complique considérablement, voire compromet le travail de prévention ». 


… beau résultat.

 

La seule justification de la loi était de lutter contre la traite des êtres humains, un problème bien réel.

« En pénalisant le racolage, je rends la vie impossible aux proxénètes, pas aux prostituées », clamait NicolasSarkozy, alors ministre de l’Intérieur.

J'aimerais comprendre comment on a pu imaginer un seul instantsauf hypocrisie, vouloir protéger des gens en les punissant… 


 

Il proposait notamment des cartes de séjour aux étrangères qui dénonçaient leur souteneur. 

 

Bilan?

 


De l’aveu même de la Brigade de répression du proxénétisme (BRP), et comme prévu, les prostituées «ne dénoncent que très rarement» leurs souteneurs, par peur d’être elles-mêmes poursuivies pour racolage, expulsées, ou victimes de représailles des réseaux. *

 * Plus d'explication en fin d'article je ne voulais pas alourdir la lecture

 


Stupide. Absurde, inefficace.

 

 

...


La loi a donc bien atteint son véritable objectif : rétablir la tranquillité publique des riverains plutôt que protéger les victimes d'exploitation. (Pour ne pas oublier qui est qui, Juppé a joué un rôle à l'époque où il voulait "nettoyer" Bordeaux…).

 

Au nom d'une idéologie et d'une morale rétrograde, puritaine et conservatrice, elle a mis en danger la vie de gens qui n'avaient pas besoin d'une marginalisation supplémentaire.

 

C'est l'ordre moral des bien-pensants. 

 

Il ne s'agissait pas de protéger les gens puisque les conséquences de cette loi avaient été annoncées et prévues avec lucidité par ceux qui connaissent la situation. Il s'agissait de nier leur existence, de les cacher, les renvoyer aux lisières du monde propre sur lui.

 

A l'époque j'en parlais à qui voulait entendre puis avant l'élection de 2007. Un peu en vain tant les gens se contrefoutent du sort des putes.


 

 

Eh bien, je recommence.

 

 


Pour prétendre diriger les hommes, il faut leur vouloir du bien.

Il faut pousser le scrupule jusqu'à abandonner ses propres idées si celles-ci peuvent blesser ou mettre en danger un autre être humain.

On n'a aucun droit, ni aucune raison, de vouloir diriger un peuple si on en méprise une partie.

 

Une conviction est pour moi fondamentale: celui qui pratique l'aikido ne peut être cohérent  que s'il respecte et protège la vie, les gens, la nature.

 

La peine de mort est incompatible avec l'aikido, toutes les preuves sont inscrites dans la matière même de la technique, ses choix. 

 

L'aikido est bienveillant par nature et prend soin du monde. 

 

Pas Sarkozy.

 

 

 

Pour 2012, j'appelle à ne pas voter pour un homme

capable et coupable de cette inhumanité.

 

 

 

Et à signer cette pétition:

 


Vous pouvez faire passer cet article je l'assume à 200%.

 

 

 

 

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*

 


 

En pratique, les personnes ont non seulement été arrêtées et condamnées, mais les étrangères, en situation irrégulière ou non, ont pu être éloignées du territoire...!

 

La loi pour la sécurité intérieure permet en effet l'éloignement de personnes prostituées, qu'elles aient un visa en cours de validité, qu'elles soient présentes en France depuis moins de trois mois ou bien qu'elles détiennent une carte de séjour temporaire, au motif qu'elles menacent l'ordre public ou qu'elles sont « passibles de poursuites pénales », notamment pour racolage passif ... Kafkaïen.

 

 

Lors des débats parlementaires, cette contradiction avait été résolue en  prévoyant la délivrance d'un titre de séjour aux personnes qui dénonçaient leur proxénète. Mais ce n'est pas un droit. 


En cas de plainte ou de témoignage d'une personne prostituée contre un proxénète, une autorisation provisoire de séjour (APS) peut lui être remise, non seulement si ses déclarations sont jugées utiles mais aussi – exigence non prévue par la loi – si elle arrête de se prostituer. 

Dans ce cas, le préfet « peut » lui accorder une APS qui n'est pas forcément renouvelée.

Cela mis à part, aucune protection particulière ne lui est accordée et une aide financière n'est prévue que pour 12 mois. Il arrive donc que des personnes dénoncent leur proxénète, obtiennent une APS, recommencent à se prostituer de manière indépendante pour survivre, soient interpellées pour racolage et éloignées, alors même qu'un procès est en cours.

 

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 15:56

 

Arts de Mars, dieu de la guerre? Et tout le cortège de fantasmes?

Diego Velázquez - Mars, God of War - WGA24429
 Pas ce vieux soudard fatigué selon Vélazquez? 

Mars commença par être une divinité agricole romaine gouvernant et représentant l'abondance des champs. Le mot vient de l'étrusque Maris, dieu de la fertilité et de la végétation, protecteur des troupeaux, des champs et des fermiers.
  
D'ailleurs, c'est sur les conseils de la déesse Flora que Junon conçoit seule ce fils sans père au moyen d'une plante. (Junon se venge de Jupiter qui a conçu Minerve sans elle et ainsi rétablit l'équilibre du monde). 

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L'empereur Hadrien, guerrier et pacificateur, sous les traits de Mars, vigilant mais paisible dans une pose grecque classique, immobile mais prêt à bouger, dans cet entre-deux états caractéristique.

Lorsque Rome n'était encore qu'une bourgade étrusque puante sur la route du port, Mars fut le dieu des hommes de la terre. Parfois, ces hommes au printemps prenaient leur équipement militaire lorsque le temps permettait de se battre et conquérir, d'où les deux festivals majeurs des mois de Mars et d'octobre qui délimitaient la saison guerrière (les dates de navigation sur la mare nostrum, grosso modo).

Mars, père légendaire de Romulus, synthétise les deux aspects de la Rome initiale, paysanne et guerrière, récoltante et conquérante. 

(On lira avec bonheur le livre miraculeux de Mika Waltari, l'Etrusque).

Plus Rome se lançait dans la conquête, plus il fut associé avec la guerre jusqu'à s'identifier avec le grec Arès, même si les Grecs se méfiaient de ce dieu incontrôlable, sauvage. 

Seul Jupiter Capitolin avait plus d'importance que lui.

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Comme Neptune avait pour attribut le trident ou Jupiter la foudre, outre le bouclier, Mars maniait la lance, ce qui constitue un écho assez frappant avec l'Aikido.

 Les représentations modernes perpétuent cette conception militaire et son iconographie (Merci Kiaz):

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Mars est certes un guerrier (et très militaire) mais le Champ de Mars, son symbole inscrit au coeur de la Ville, n'est pas univoque puisqu'il est supposé avoir été dédié par Numa Pomipilus lui-même, le second roi légendaire de Rome, législateur, administrateur et amoureux de la paix. 

Ainsi Mars est aussi un principe de paix et de régulation, bien loin de la fureur aveugle d'Arès, pouvoir militaire certes mais aussi force protectrice, père de la Ville au sens le plus concret. Par sa romance avec Venus, il synthétise deux aspects de Rome.

Roma, amor.

 

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Plus macho, impossible....


En bonne logique patriarcale romaine, Mars est ainsi un dieu agricole qui, grâce à sa force de vie, sa virilité (vir, vis) préside aux énergies de croissance, crée les conditions de la croissance, fut-ce au besoin par la guerre au sens où elle permet la paix.

Pax Romana.

La part de sauvagerie de Mars est indéniable et il s'apparente aussi aux lieux sauvages, inconnus des hommes, une force dont il faut s'attirer les bonnes grâces.

 

La terre, la lance, l'agriculture, le principe organisateur, nous sommes très proches d'Ueshiba sensei.

Bien loin en revanche du fantasme du guerrier, de l'expert, du tueur. Mars est bien plus que cela.

 

Mars Exulti 
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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 06:35

L'aikido a évolué, l'aikido doit évoluer… 

 

 

D'ailleurs, O Sensei ne pratiquait pas encore son aikido avant-guerre et sa pratique ayant elle-même évolué, tout à chacun est en droit de faire évoluer les formes.

 

      o sensei edit 

 


Cette photo relevée je crois sur le site de Paolo Corallini sensei... (merci à celui qui a eu la bonne idée de les mettre côte à côte). L'identité des deux situations en dit long sur la pertinence de toutes ces affirmations... 

 

Dans les deux images un irimi-nage, si poser un nom arbitraire sur une forme possède un sens autre que celui de pense bête.

 

Le même positionnement, la même action, le même résultat. Sur la photo de droite, prise au moment d'un ki no nagare de première, on sent l'intensité du mouvement, à gauche presque sa décomposition, sa construction.

 

A gauche on sent la coupe, le caractère inéluctable, presque impitoyable de la descente, à droite sa profonde bienveillance tant la main gauche semble protéger la nuque.

 

La main droite en 1936 semble prête à s'abattre et prêter "main-forte" à la deuxième. En 1966, elle indique une ouverture, se fait vague, aile - et on arrête là les images.

 

Que se passe t-il entre ses deux époques? certainement pas un changement de technique" mais surtout d'esprit.
On trouverait sans doute une technique première de Daito ryu pour rendre le parallèle encore plus parlant.

 

J'entends dire ici et là que certains experts actuels de l'Aikido s'intéressent en définitive peu à la démarche d'O sensei (même s'ils ne l'admettent qu'en privé). Je trouve qu'ils ont bien tort. La brutalité de certaines démonstrations, l'attitude de matamore que j'ai vu à Tokyo et ailleurs me dérangeraient moins si elles ne s'accompagnaient pas d'une hyper inflation de l'ego qui prétend changer ce qui n'est pas compris et encore moins assimilé. 

 

C'est la moindre des choses pour rendre hommage au vieux maître que de tenter par tous les moyens de le retrouver, retrouver son enseignement à travers le temps et les déformations.

 

Ganbarimasu !

 

... 


 

 

Aikido has evolved, aikido has to evolve ... 

 

Since O Sensei did not practiceAikido in his pre-war years, since his own practice has evolved, everyone is entitled to change / interprete the forms. 

 

This photo found on the site of Paolo Corallini sensei... (thanks to the guy who spotted them): the identity of the two situations speaks volumes about the very relevance of all these statements. 

 

In both images an irimi-nage if putting a name on a form is useful . 

 

The same position, the same action, the same result. On the right picture, taken in a ki no nagare moment, one can feel the intensity of the movement, on the left its construction nearly

 

On the left you can feel the inevitability, the almost merciless cut - on the right a deep benevolence: see how the left hand seems to protect the neck. 

 

The right hand in 1936 looks set to fall and and reinforce the movement. In 1966, it underlines an opening, it becomes a wave, a wing - and let's stop the images here. 

 

What has happened between these two periods? Certainly not a change of technique but essentially a change of spirit. We could probably find a Daito Ryu technique to make the parallel even more obvious. 

 

I hear here and there that some of today's experts of Aikido are not especially interested with O sensei's approach and eventually his legacy (even if they only admit this in private). I think they are very wrong. The brutality of some demonstrations, the bully attitude that I saw in Tokyo and elsewhere would bother me less if they were not accompanied by some hyper inflation of the ego that claims to change what is not understood and even less assimilated. 

 

The least we can do to honor the old master is to try by all means to find him, find his teaching through time and distortions. 

 

Ganbarimasu!

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