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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 17:26

 

Cette vidéo est assez célèbre désormais car l'un de ses protagonistes, Takanoyama est un cas à part dans le monde des paris truqués, pardon, du Sumo. Ce combattant Tchèque part avec un désavantage certain puisque son poids joue régulièrement en sa défaveur (1m85, 98 kgs de viande, bel athlète quand même…). Il se fait prendre d'ailleurs des piles magistrales par de plus lourds que lui. Ainsi il doit compenser son manque de poids par des technique plus variées.

 

L'intérêt de cette séquence est qu'elle est issue d'une expérience et non d'une théorie plus ou moins validée. C'est du vécu, du sparring, de l'application et à partir de là on peut remonter au principe. La situation ici est d'autant plus intéressante que cette garde pieds parallèles ("carrée") est encore plus désavantageuse que celle d'un aikidoka qui a une garde triangulaire hito e mi (dans l'idéal mais ce n'est pas une garantie, surtout en cas d'attaque surprise).

(Ca fait bien rire mes gamins)

Et... hop !

Dès que Takanoyama pose ses poings au sol, son adversaire s'élance. Il s'expose clairement, presque comme une cible, un leurre. Une de ces fameuses ouvertures pièges?

Et... hop !

Takanoyama va chercher à 45 ° en avant à droite de l'adversaire. Pour ce faire il se décale par une poussée de la jambe gauche tandis que la droite reste très légère pour ne fournir par la suite qu'un pivot, un point infime. Sa main est sans doute déjà en train de se préparer mais l'angle la cache.

Et... hop !

La voilà qui apparait et qui se positionne. On voit que la jambe gauche décolle du sol pour effectuer un tai sabaki / pas chassé en bonne et due forme. On pourrait dire que c'est le haut du corps qui pilote l'action et que c'est le bas du corps qui l'actionne. Si ce n'était qu'un mouvement d'épaule, le bassin ne pourrait s'effacer et il se prendrait la charge plein cadre. On voit bien le bassin qui s'efface en reculant pour laisser passer la masse, ce qui serait moins prononcé face une arme (plus fine).

Et... hop !

C'est encore plus flagrant sur ces deux images dans lesquelles on voit bien la jambe droite s'avancer en pas chassé pour permettre à la jambe gauche de s'effacer grâce au pivot du bassin.

A cet instant il a les deux pieds décollés du sol avant que sa jambe droite (avant en quelque sorte) ne se pose et fournisse le seul point d'appui et un pivot. Le pivot est presque entièrement créé par la dynamique du corps même si en définitive il est matérialisé de façon claire par la jambe droite en fin de parcours. Son poids est sans doute très proche de zéro, il n'existe plus: toute l'énergie de son mouvement de son corps accompagne la trajectoire de son adversaire, en vérité il utilise aiki, il fait s'additionner les deux forces…

 

(Cela ressemble au coup droit des meilleurs en tennis lorsque le joueur a les deux pieds décollés du sol: le mouvement est initié par la jambe arrière et se termine en avant après un quart de cercle dans lequel la jambe réalise le replacement).

 

Point intéressant: à cet instant la jambe gauche (arrière) est encore sur la ligne d'attaque - au moment même où la main accomplit son travail. Si l'on pense à migi hidari, le parallèle avec le sabre devient pertinent: la coupe du sabre s'effectue dans ce temps de pivot alors que la jambe arrière n'est pas encore effacée. Elle s'efface bel et bien en fin de mouvement parce que la rotation à laquelle elle participe l'exige. mais en revanche elle n'a pas vocation à trainer sur place… (enfin je ne m'y risquerais pas).

Et... hop !

Très clairement, sa jambe gauche (devenue arrière par rapport au sens de l'action) ne lui sert plus à grand chose sinon à contribuer au pivot en donnant plus de cinétique (mais c'est un tout évidemment). L'axe de son corps est pied droit / hanche droite / milieu de la colonne vertébrale au milieu de la ceinture scapulaire.

 

La coupe au sens de action sur l'adversaire est achevée depuis longtemps, game over.

 

Le reste est anecdotique mais savoureux… ;-)

Et... hop !

Il est intéressant de noter que son pied gauche n'est toujours pas au sol, preuve qu'il n'est pas nécessaire de l'ancrer à cet instant - ce qui serait nécessaire dans un travail ferme ne l'est plus en dynamique.

 

 

Il y a quelques enseignements à tirer de ce combat (et tous les commentaires sont les bienvenus, sisi).

 

- La force ne sert pas à grand chose. Même si son opposant lui fournit dans le cadre de cet affrontement l'essentiel de l'énergie nécessaire, sa simple disparition lui permet de faire s'additionner les forces et de se débarrasser du problème. En quelque sorte c'est l'exact opposé d'un mouvement kotai ferme où l'on doit dépenser un maximum d'énergie pour pouvoir bouger le partenaire. En ce sens, il est inutile de chercher les positions de force maximale alors que la tactique la plus durable est sans doute de chercher l'effort minimal (même la Joconde subit les outrages du temps… a fortiori les pratiquants qui inévitablement verront leur puissance diminuer…).

 

- La jambe arrière n'est motrice qu'au départ de l'action. La jambe directrice, la jambe qui va gouverner le pivot en lui fournissant son axe est la jambe avant. En ce sens elle dirige l'action quand la jambe arrière fournit la puissance brute. D'ailleurs celle-ci disparait bien vite lorsque sa fonction est épuisée pour accentuer le mouvement en donnant plus d'énergie cinétique au mouvement, guère plus. Penser que l'on pourra effectuer un large demi tour en utilisant la jambe arrière comme moteur de l'action, en la lançant pour pivoter à 180° est une pure illusion, de même qu'espérer que uke va suivre le demi tour (sauf pour la valeur pédagogique d'un exercice)…

 

- l'instant de coupe (juste avant que la jambe arrière ne s'efface) ne signifie pas que c'est la jambe arrière qui gouverne l'action à mon sens mais que que les deux jambes ont leur rôles spécifiques et complémentaires.

 

- Irimi. Grâce aux lignes sur le sol on voit clairement qu'il a avancé en allant chercher un angle de 90° en avant.

Cette action permet un tenkan efficace et d'un certain point de vue exprime irimi tenkan de façon exemplaire: déplacement de la hanche qui crée de la rotation.

 

Stratégiquement c'est également intéressant:

 

- l'ouverture initiale, l'appel de tout le corps en position ouverte

 

- le déplacement dans l'angle mort (limites du triangle de force)

 

- et surtout cette notion de disparition qui devrait parler aux pratiquants.

 

Même s'il est important lors du travail kotai de générer des forces conséquentes (construction et prise de conscience des appuis / leviers, etc.) et donc de chercher les moyens biomécaniques de les générer, la donne change en dynamique (jutai). Ce que semble révéler le travail kotai mais aussi les suburi ne disparait pas en dynamique mais s'adapte, se simplifie tout en conservant la logique pour pratiquer l'esquive, disparaître…

 

L'esquive comprise non comme un simple pivot passif mais comme une action dynamique, permettant non de contre attaquer mais d'attaquer, purement et en l'occurrence... simplement.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 20:59

Le blog de Christopher Li, Aikido Sangenkai commence à commence à devenir un classique de la blogosphère et pour d'excellentes raisons. En effet l'auteur apporte une réelle réflexion, des compétences certaines en traduction et une connaissance conséquente du monde dans lequel est né l'aïkido.


Il n'est pas surprenant outre mesure de voir C.Li  et P. Voarino se poser à peu près les mêmes questions au même moment sur les notions de roppo, kamae, etc. Ce qui a déclenché quelques discussions passionnées sur les fora d'Aikiweb et ailleurs, moins passionnantes car trop biaisées par l'affect.


Un des intérêts du blog réside en une série d'entretiens dont celui de Isoyama, uchi deshi à Iwama.


Ces entretiens de vétérans sont fort utiles car ils recèlent des pépites au milieu des anecdotes. L'aïkido d'O sensei est devenu une affaire d'archéologues: pour retrouver le sens de ses mouvements et la nature de son entraînement, il faut parfois déchiffrer des signes devenus presque illisibles. Un grand débat par exemple agite Aikiweb et plus largement l'aikido concernant l'usage par O sensei de la "force interne" (internal power) qui semble une tentative de plus pour comprendre le mystère O sensei comme il y a un mystère Picasso. E. Amdur s'y est essayé, sans résultat probant de mon point de vue

 

***

 

N.B: C'est traduit au plus près du texte anglais quitte à écrire au marteau…

1) Were most of the techniques performed from a seated position ("shikko" / 膝行) at that time?

A: No, first we would do Tai-no-henko, I think that shikko training is something that was developed later. In terms of warm-up type exercises, perhaps there was only Funakogi-undo ("rowing exercise" / 船漕ぎ運動). Then we would begin techniques, and at the end would be finishing exercises ("shumatsu undo" / 終末運動) and Kokyu-ho.


Q. Est-ce la plupart des techniques étaient alors effectuées en position assise (shikko)?


R. Non, d'abord nous faisions Tai no henka, je pense que l'entraînement en shikko est quelque chose qui fut développé plus tard, ultérieurement. En termes d'échauffement, il y avait peut -être Funakogi-undo ("rowing exercise" / 船漕ぎ運動). Ensuite nous commencions les techniques et à la fin il y avait les exercices pour finir ("shumatsu undo" / 終末運動) et Kokyu-ho.

 

Une confirmation de plus que tai no henka est la base, le centre, le principe même de l'aïkido. Il semble qu'il n'y ait pas eu de ce point de vue de coupure technique franche entre Tokyo et la periode Iwama, plutôt une continuité.


J'aime beaucoup cette absence d'échauffement au profit d'une sorte de mise en condition avec Funakogi. Quand au travail en suwari waza, on ne devrait le pratiquer que si le corps y est adapté (Cf. les réflexions de G.Homma sur le sujet, amusantes et édifiantes).


2 Q: How were the techniques named at the time?
A: "Kyo" wasn't used yet, we said things like "Ikkajo" (一ヶ条) and "Nikajo" (二ヶ条). I think that the first time names like "Ikkyo" (一教) and "Nikyo" (二教) were used was when they were used in the first book "Aikido" that was published by Kisshomaru sensei.

 

Q. Comment étaient nommées les techniques à l'époque?
R. "Kyo" n'était pas encore utilisé, nous disions des choses comme "Ikkajo" (一ヶ条) and "Nikajo" (二ヶ条). Je pense que la première fois que les noms "Ikkyo" (一教) et "Nikyo" (二教) furent utilisés fut lorsqu'ils furent utilisés dans le premier livre "Aikido" qui fut publié par Kisshomaru sensei.

 

Passionnant pas vrai?

Cela cadre tellement bien avec les kajos que ça en devient amusant. Kyo ou kajo?
 

3 Q: What did the Founder do for his own personal training?


A: When training alone he would do sword cuts. He would often go shirtless in the summer, but in order to keep his abdomen from becoming chilled he would wear a "haragake" (a Japanese style workman's apron) like Kintarō and swing a thick iron staff ("tetsubo" / 鉄棒).

 

Q. Que faisait le Fondateur pour son entraînement personnel?

R. Quand il s'entraînait seul, il effectuait des coupes de sabre. Souvent il était torse nu en été mais pour éviter de prendre froid à l'abdomen, il portait un "haragake" (un tablier de femme) comme Kintrao et balançait une épaisse barre de fer.

 


4. Q: An iron staff?

A: He'd use various things, but I was told, "It's important to stop firmly each time". It's also important to go quickly, but I was told to first "connect navel to navel" by cutting down to the opponent's navel each time.

 

Q. Une barre de fer ?

R. Il utilisait diverses choses mais il me fut dit "c'est important de s'arrêter fermement à chaque fois". C'est également important de d'aller vite mais je dus d'abord "connecter de nombril à nombril" en coupant le nombril de l'adversaire à chaque fois.


Une barre de fer. CF. Google, c'est grosso modo une masse d'armes. Un furibo.

 

Il va de soi qu'il ne peut pas s'agir de musculation classique, le but n'est pas de faire du muscle puisque la charge maximale n'est pas suffisante pour créer du volume musculaire. Si l'on voulait faire de la viande, on augmenterait les charges, ce qui n'est pas le cas (il s'agit vraiment d'autre chose).

Il ne s'agit pas d'un entraînement nécessairement "dur" même s'il tend à former le caractère et le corps. Sagawa, au détour d'une phrase le mentionne comme un exercice central de son entraînement. 300 000 suburi par an, c'est à peu près mille par jour, ce qui est une base très correcte au suburito, carrément honorable au furibo.


5) Q: "Connect navel to navel"?


A: Meaning that the end of the hilt is facing your own navel, and the tip is towards your partner's navel. This develops a firm match between the line of the sword and the center of the body. O-Sensei would become very angry if we crossed swords like they do in the Samurai movies ("chanbara").

Yes, he'd say, "It's not really that kind of 'chanbara'. Engage them first with your body, not just your hands.". When you got used to it you'd find yourself moving the sword with just your hands and running away, but that was no good - you wouldn't be able to execute a proper Irimi. Connecting with your partner, engaging with the body and entering is the real Irimi. Today most people don't even pay attention while they're doing it, but in times past I think that Irimi was serious enough to be called the secret of Budo.

 

Q. "Connecter de nombril à nombril"?

R; Cela veut dire que la poignée est en face de votre nombril et que la pointe est face au nombril de l'adversaire. Cela développe une correspondance forte entre la ligne du sabre et le centre du corps. O sensei se mettait en colère si nos croisions les sabres comme dans les films de samourai ("chanbara")

Il disait: "ce n'est pas ce type de "chanbara. Affrontez les avec votre corps, pas seulement vos mains". Si vous en prenez cette habitude, vous vous retrouvez à couper avec vos mains et à vous enfuir mais ce n'était pas bon - vous devenez incapable d'effectuer un irimi correct. Se connecter au partenaire, engager votre corps et entrer, ça c'est le véritable irimi. De nos jours, les gens ne font même pas attention quand ils le font mais dans le temps, je pense que irimi était une chose suffisamment sérieuse pour être appelée le secret du Budo.

 

7) Q: What about swinging the sword upwards?


A: It's Kokyu. You don't keep your wrists straight and lift up, you close your armpits and roll your palms inward as you lift up. More quickly than you cut down. This becomes the hands as in Kokyo-ho, and I believe that this connects with everything.

 

Q. Et à propos de l'armé (monter l'arme)?

R. C'est kokyu. Vous ne conservez pas vos poignets droits en soulevant, vous fermez les aisselles et vous orientez vos paumes vers l'intérieur lorsque vous vous montez. Cela donne la même forme de mains que kokyu ho et je crois que cela se connecte avec tout le reste.

 

 

 

... Cela se passe de commentaires. Une dernière citation, un peu moins claire peut-être.

 

Interview with Aikido Shihan Shigenobu Okumura, Part 1 Encountering Aikido in Manchuria


Q: Did you ever see the Founder training by himself?
A: In his later years he would train with a staff, swirling it around over his head, a form of solo Misogi. I think that this was O-Sensei's individual training.

 

Avez-vous vu le Fondateur en train de s'entraîner seul?

Dans ses dernières années, il s'entraînait avec un bâton en le faisant tournoyer au dessus de sa tête, une forme de misogi en solo. Je crois que c'était l'entraînement personnel de O sensei.

 

***

 

On pourrait sans doute multiplier les citations en cherchant dans les interviews. Il y a peu et beaucoup à dire sur les suburi. Au bout de quelques années, tout devient progressivement plus clair mais en parler sans avoir expérimenté ne sert pas à grand chose. Il est temps que je m'y remette d'ailleurs. Ca réchauffe en hiver ;-)

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 12:06

 

En discutant de positions de pieds avec la prof de danse de mes filles (une de ces dames charmantes, très savantes et sacrément swing…), on est tombé d'accord sur quantité de choses en général et aussi sur la disponibilité dans tous les axes que permet hito e mi.

Bien sûr elle ne l'appelle pas comme cela et les positions de pieds en danse classique sont bien plus complexes qu'en Aikido. Et encore davantage si on ajoute danse de salon, latines et jazz. Les danseurs complets maîtrisent infiniment plus de combinaisons que les aikidoka. C'est d'ailleurs souhaitable pour ces derniers puisque les situations de crise réclament des gestes simples. Bref.

 

Elle m'a appris que la position des pieds en danse "classique" (évoquée rapidement dans Vitruve #1) à savoir la 4ème position de pieds a été imposée par Louis XIV et son maître de danse, M. Beauchamp.

 

 

Observons le placement des pieds:  il est quasiment identique. En fait la danse utilise toute la gamme des placements et les choisit en fonction des besoins.

(Il existe même des positions supplémentaires en moderne et jazz et encore une différente en latine...).
 

La position hito e mi est en revanche généralisée dans les portraits en pied du "roi soleil" (O sole mio…) qui aimait danser et on le comprend.

La position est tellement synonyme de pouvoir qu'il est impensable de ne pas la mettre en valeur, l'exhiber de façon très ostentatoire.

 

 

Et pourquoi donc? parce que à l'époque plus on est riche et puissant plus on porte de rubans et fanfreluches. Le tout doit virevolter (la volte, une danse justement, fort coquine) autour de la silhouette pour être bien vu au moindre geste, au moindre changement de position. Un effort d'imagination et l'on voit tout de suite les élégants et puissants se pavaner le nez en l'air, pivoter, accorder son attention dans un vol de dentelles, arpenter un salon en pirouettant dès que possible, ondulant dans de petits pivots nonchalants...

Bien sûr il faut conserver dignité et prestance dans les changements de position, rester droit comme un dieu sur terre, on apprend cela très tôt aux enfants dans les bonnes familles, pas un fils de bonne mère ne se tient comme un lascar.

 

Pour ce faire, il faut adopter hito e mi car c'est la seule position de pieds qui permet de pirouetter / pivoter sur place avec facilité tout en demeurant bien droit.

(Cela permet d'ailleurs de pivoter dans les deux sens, certes un peu moins du côté avant mais de toute façon plus qu'avec le hanmi dit classique. Amusant de constater par ailleurs que le regard est orienté comme le pied avant, on imagine la démarche puis on essaie d'appliquer aux formes soto...bingo).

 

Pour l'aikidoka cela permet de réaliser un pivot sur place en faisant rebondir / dévier toute force hostile plutôt que de s'y opposer. (Il va de soi que cela ne consiste pas à effectuer un demi tour en lançant la jambe arrière dans un grand pas circulaire comme ce qui est ordinairement présenté comme irimi tenkan. Irimi= en avant, tenkan= on tourne, yeah you're right…).

 

...

 

Peu importe le but,  la mécanique est intéressante car elle dévoile un invariant du corps humain: on ne peut pivoter sur place qu'à la condition de placer ses pieds en hito e mi.

 

Les militaires et l'ordre serré fournissent un parallèle intéressant (souvenirs souvenirs)…

 

"Demi tour droit'... droit' ! "

 


La position de départ est de face, il faut donc reculer le pied droit en hito e mi, puis prendre appui afin de se retrouver à nouveau de face. Sinon on aboutirait à une position grotesque et fort peu ""martiale"".

 

A droite droite: pareil. On repasse par hito e mi.

 

 

Les points de poussée sont adaptés en fonction de ce que l'on veut faire mais il est impossible d'effectuer un demi tour correct sans utiliser cette position de pieds. Même si l'apprendre aux nouveaux prenait parfois des heures...

 

 

Si par malheur, on adopte le hanmi "moderne/courant/irréfléchi" (dont je me demande d'où il a été importé) pied avant dans l'axe et pied arrière plus ou moins oblique, on se retrouve dans une posture inélégante et instable et qui ne permet aucun demi tour puisqu'on aboutit si l'on pivote sur place à une posture bancale et désaxée.

 

O sensei dans ce film exécute avec un soin presque didactique des séries de spirales en montrant ouvertement le placement du pied avant.

 

En clair cette position est un invariant du corps humain. Si le cercle est à la base des mouvements d'Aikido, cela part des pieds…

 

 

Sans blague?

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 06:34


Now that Internet has made some information widely available to those who sincerely search, it is generally admitted that O sensei was highly trained with weapons and used that knowledge to create Aikido, especially after 1942.

Right from the start his training consisted in a mix of weapons and empty hands techniques. Most internet biographies forget to mention that fact when they evoke his training in Gotō-ha Yagyū Shingan-ryū under Nakai Masakatsu from 1903 to 1908.
 

For a long time, that reality was denied in order to fit the notion of an "Art of Peace" at a time when the Western world did not want to hear about blood-dripping spears, weapons and swords… Also because many teachers were and are still not competent to teach them.

Then Internet was born and suddenly O sensei could be seen holding a weapon on half of the available pictures.



ch02-04.jpg

 

 

In reality, O sensei was awarded certificates of ken and spear mastery by his first teacher, Nakai Masakatsu (then by Takeda Sokaku in Shinkage ryu), he took part in a war and he was a fine bayonet fighter…

 

osensei bayonnette

 

burton-18

 

 

 

 

O sensei's kamae with the rifle, slighty modfied but still consistent with JUKENJUTSU

 

 

Background 


The history of bayonet is extremely grim and interesting in many aspects. This Wikipedia article is a good basis.


The amazing thing is that for nearly 250 years, the bayonet techniques have not radically evolved. The same basics are everywhere and don't seem to have changed so much along the years, which is not really surprising, the human body having remained the same... The variable are rather the size of the rifle and the blade's characteristics. Several books are easily available on the web, some of them quite old like this one:

 

burton-1853-bayonet

 


1853… 33 basic movements.

 

 

 

 

A classical 18th century bayonet charge would have probably looked like this.

 

 

 

 

 

The English Redcoats would walk straight to the enemy, knowing that, because of the loading time and the riffles' inaccuracy, only a fraction of men would be injured or killed. They would endure a few rounds of fire but they knew it would then become a bayonet fight and the Redcoats excelled in this (at the end of the movie, the screams signal the assault).

 

With time, because of their bayonet skills, the Redcoats acquired a reputation of invincibility,  up to the point they sometimes just needed to charge and the enemy would surrender. For the bayonet inspires the fear of cold steel while a bullet is invisible, nearly abstract and brings death quickly… Bayonet is plain horror, plain disgusting.

 

...

 

Nowadays, the bayonet is outdated, but partly only. Some military corps keep bayonet training  as part of their curriculum because:
- it can be useful (as in Iraq 2004 - Cf. Wikipedia - by British soldiers, such a coincidence…)
- it builds up military qualities


One must not forget that drones may be useful but the last 100 meters are the infantry's domain and sometimes grunts end up fighting with whatever they find, including bayonet.


 

Technique.

 

The following film is extracted from one of these reality TV blah blah shows where UFC fighters (or similarly trained practitioners) discover the US Marines training (a part of USM's recruiting propaganda: as they seem to experience issues these days, talking that way to young MMA fight-mooded young lads seemed a clever approach…).
 

 

 

 

 

 

A couple of things can be learned here:


- a wide stance is wrong. One can't agree more with the drill instructor (funny how he refrains from shouting at the poor sod). That wide stance is so common in Aikido nowadays (especially at the end of movements) that no one seems to notice anymore…  However, it leads to using too much arms strength, induces a bad balance, etc, etc.  Shoulder width, please, let's keep it natural…


- keep your foot pointed at the opponent which has for consequences to keep your hips facing towards the opponent to develop more power and stability. Etc.


 

 But the bayonet drill won't surprise the practitioners who have studied the kumijos. For the described bayonet technique is the equivalent of the 1st kumijo (uke's "response" to first yokomen) mixed with number 3 of 31 kata - cut on the jo + tsuki (with the slight variation of the front hand position).

 

Following a discussion with Matthieu Jeandel, one could also explore the link between the bayonet drill, the first kata of kikishin ryu spear and the ken tai jo series. Such a study (sorry no time...) could be really useful to understand the underlying realities of Aikijo.

 

...



In fact, the spear is a much more complex affair than the relatively simple(r) bayonet. But they share many points, including the capacity to cut, to slash.

Technically, most bayonets are weapons with two edges. The slashing is limited to a few movements only (but, for obvious reasons, the military only uses simple, straight-to-the-point moves). More importantly, the rifle itself does not allow any easy nor meaningful change of hands, etc.

It is worth noticing here that many yari actually have three cutting edges (triangular blade) and therefore allow slashing in many ways (jodan gaeshi becomes much easier with this in mind). But, technically, there is no limitation to cutting with a two edged weapon, it is only a matter of proper handling, positionning of the blade, although it requires more precision and skill.

 

This video is really good to figure out where Aiki weapons come from (at least culturally and one can read many common technical similarities…). Let's not forget the fundamental importance of the spear in Japanese culture (therefore most probably in O sensei's mind) since the country is said to have been created by a spear in Shinto mythology.

 

 




At the very heart of Aikido one can find very effective techniques and principles, totally consistent with military knowledge, still valid and used / taught nowadays.

 


Arguing about weapons usefulness in Aikido is obviously irrelevant here: they are, in the same way as tai jutsu, part of Aikido's DNA. Even more: the way O sensei synthesized them, bukiwaza and tai jutsu explain each other, like one living multi facetted entity.

 

This has huge consequences for bukiwaza and tai jutsu techniques, it is not only a jo  .

 


 

Good keiko all !

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Published by Léon - dans Technique
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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 06:40

sincerity


A bit randomly I discovered Dan Djurdjevic' s blog and it provides with a fun way to study the consequences of Tai no henka. I do not know for sure who Dan is but his approach seems both interesting and sincere.

 

There is a lot that can be learned here: Dan has made a real effort to get the information about aikido, he tried it and he draws conclusions which should interest aikidokas. I'm impressed someone searches out of his discipline, in a very opened and honest way.

 

Unfortunately, what he is been taught is a good sample of what modern aikido stands for and the very fact the whole problem is centered around tai no henka is in itself a relevant symptom.

 

Once again let's repeat O sensei started all his keikos with TNH: it is the very heart of aikido, nothing less.

 

I think one should read Dan's article to understand his point precisely. But I don't want to repeat it here so let's jump straight to the main conclusions. (My previous post was way too long, sorry guys).

 

 

His starting point.


There are a great many “projections” or throws in the traditional martial arts (particularly in aikido) that focus on “leading” the momentum of the opponent – that is to say, continuing and redirecting the momentum of your opponent rather than opposing it.

I have a great admiration for this concept both philosophically and technically. But just how “practical” is it? In other words, what are your chances of “leading” the momentum of an opponent in a real civilian defence scenario? 


 

Here is maybe the first debatable point as aikido is defined as a defensive strategy. As a matter of fact a great deal of aikido is impossible without tori taking the initiative, not waiting. It does mean pre emptive strike, attacking, it only means not waiting. Modern Aikido has been built up as a new age non violent self defense art... but it may be slight;y more complex than that.

 

Actually, it is not about using uke's strength to lead / intercept it, it is all about canceling it, without waiting.

 

Dan then explains the mainstrean most common TNH which should be familiar to aikidokas:


 

 

 

 

The analysis and drawbacks of this TNH are available here and there (the most read posts on this blog, ).

 

Inevitably, this leads him in technical dead ends and especially for irimi nage - under its now archetypal form.

Cela le conduit assez logiquement dans des impasses techniques et notamment à propos d'irimi nage dans sa version désormais canonique. 

 

 

And it becomes fascinating.

 Because of course it just does not work in sparring. Sometimes he manages to perform tenkan but irimi seems immpossible and Dan's is very clear about his experiments.

 

Irimi nage, on the basis of that TNH, simply does not work and one can feel his disappointment. (Very honestly he clearly states in a comment that he may not be competent enough to perform it fully).

 

 

According to him it is possible to by pass the first phase and go straight to the second one. As in this video:

 

http://www.wuweidao.com/images/Iriminagemuidokan.gif

 

 

He performs here what is sometimes bizarrely called irimi nage omote (as opposed maybe to an ura form which only exists on the basis of a wrong TNH).

 

 

Doing it, remarkably, he rediscovers the efficient technique described by Saito sensei (Takemusu Aikido vol 2, page 146 French edition ) by eliminating the errors linked to the wrong TNH... .

Unbelievable and I must say very clever from Dan's part for he is a skilled enough martial artist to find the true move... 

 

So he asks himself: 

 

Is this better - or just different? It is noteworthy that in all my hard and fast sparring, I have only ever applied our "shortened" variant of irimi nage: I have never managed to apply the first phase of the classical aikido version, namely leading the opponent's forward momentum with a tenkan movement. But then again, one might validly point out that we are talking about sparring - not real fighting. Is there a role for the tenkan in leading the initial forward momentum in a civilian defence scenario? My answer to that is definitely yes - but with some important qualifications

 

Dan then tries to save the theory by limiting its range to very specific circonstances. Like this form he rightly calls tenkan nage:

 

 

http://www.wuweidao.com/images/tenkannage.gif

 

 

In his experience, Dan says he never managed to perform anything else but the second phase - witch quite logically becomes for him the true definition of irimi nage.

 


 

Conclusions

 

What is fascinating is that Dan's sincere experiments are consistent with traditional aikido principles and explanations.

(I know that everything is traditional nowadays... I'm just quoting Saito sensei's 1973 book series, yes: 1973...)

 

 

The very root of his "failures" is a wrong understanding of tai no henka. Dan uses a wrong TNH but rediscovers the true technique by adapting the theory. Magical.

 

One is tempted to tell Dan that his conclusions are right but the theory he is been taught is wrong.

 

Not his fault really. 

 

 

A few throws form Saito sensei (sorry for the music): that should ring a bell... 

 

 

 

       

 

Kanji

 

• Sei = truth. sincerity. in good faith. (= Makoto). 

• Jitsu = substance. sincerity.

 truth. reality. true. real. real. good results.
 a seed. a bay. fruit. nut.
 content. substance. an ingredient. (= Mi)

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 04:47

 

Yamabiko no michi

 

 

In his 1973 book, Traditional Aikido Vol.1-Basic Techniques, Saito sensei described Irimi as "Yamabiko no michi" shortly before explaining Shomen Irimi nage in the following pages.

 

This book series presents an unequaled interest to any practitioner and I think one should make the effort to study it in detail. (Obviously that is not enough: the weapons work is almost incomprehensible without a competent teacher who knows the full meaning of the kata).

 

The first surprise with this book about aikido is of course its title: Traditional Aikido, subtitle Sword - Stick - Body Arts. The wording "Traditional Aikido" can now rise a smile as one could argue that the word has become a marketing trick, but in 73, obviously, it meant something precise to Saito sensei who was already facing some degree of uncontrolled evolution from the founder's techniques .

 

The logic of O Sensei's Aikido in Iwama is clearly stated and summarized by Saito Sensei: Aikido is the RIAI, it is the method and principle. Volume 5 deals with this notion constantly. Nothing makes more sense then to discover that the first lesson of Aikido of these five volumes is a weapon lesson: the first chapter is devoted to the sword and the seven suburi.

 

Then soon enough, page 51, the principle of irimi, here: Yamabiko no michi.

 

Irimi-yamabiko

 

We learn that - alas! I do not know its source, presumably O Sensei himself ... - that the principle of irimi, see above: "was considered a secret technique to escape multiple attackers.

The other name is Yamabiko no michi, the path of an echo. When you extend your ki, the ki of the opponent will return to you like an echo you back like an echo. However, you do not receive your opponent's ki  because you have instantly moved to her back".

Followed by two famous doka.

 

O Sensei refers to another doka that caught my attention as perhaps less known but very beautiful and very informative ***

Omokoro or

totachi NASHITA

or naka iku

Ai no kamae wa

Yamabiko no michi

 

English translation

(By John Stevens, The Essence of Aikido, Spiritual Teachings of Morihei Ueshiba)


On this very earth (here and now one is tempted to say)

stand as firmly as a god (for O Sensei this is not only a metaphor but a reality: incarnate the god, let flesh become divine , kami waza ...)

Flourish In The very center (and when it comes to flower in the East how not to think about the lotus, the principle of growth, elevation? / in the center, your center)

The stance of love is (and more precisely, the guard, the kamae of harmony / unification rather than love - a bit too new age for me, sorry)

The Path of the mountain echo

 

Nothing could be clearer icon_biggrin.gif ...!

 

Stand here and now, making your center the place of creation, our guard will operate as an echo.

"When you extend your ki, ki of the opponent you back like an echo."

 

We call and we receive a response.

We initiate and we unite with the response.

 

ct36-02.jpg

 

Tori: Take one step away with the right foot, immediately hit your opponent's face with your right te-Gatana (...)

Uke: Seeking to head off the strike the right arm. "

O Sensei, BUDO p 45/46

 

Instead of waiting for a shomen or any other action we begin.

It's a reflex since we always react quickly to stimuli. The partner/opponent which will easily become our mirror or reflect what we give. A handshake, a smile, a disgust within you / the other will have an immediate echo.

 

Thus we initiate the shomen to attract a response from the opponent.

This way we are able to be with him/her very early in the process, just by taking the initiative ...! So we are never late. We unite immediately, we embrace and cancel the aggressive intentions. Just like in Shomen Ikkyo.

 

That is a major revolution O Sensei achieved, both rational, concrete and symbolic.

 

- Rationally, the strategy to begin will avoid being late or working with our reflexes.

Too often this attitude results in a disaster. Only over trained stand a chance: it is a battle between strength / speed / training. Suffice to say that we will always late, guaranteed. Shomen ikkyo in these conditions? Book a cab for A+E.

(When in feet-fists combat, liberation comes when uke is deprived of the initiative).


This early unification prevents the strenght to grow, to reach us and we can control it with ease. Since we do not oppose it but diverge the force right from the beginning, the strength of the partner no longer exists. This allows even small or  relatively "weak"practitioners (compared to muscular monsters) to be effective without performing physical prowess.

 

- Symbolically, based on a well performed technique, uniting energies will create the possibility of a different relationship with the other, less or non-confrontational.

 

Assume the conflict will help cancel it. This strategy allows to guide and finally cancel the fight.

 

 

We then see that the principle of Irimi is way more than simply enter as often translated. Moreover, it is to create, stimulate the movement of the partner to better control it immediately, take the echo of our gesture and calm this mess in the ukemi.

 

It all started at the beginning. The important thing is at the very beginning. The fight is already over.

 

Today ...

Unfortunately, almost all demonstrations show a omniscient, omnipotent tori dominating uke… waiting to use his technique and make him fly.

 

That implies reviving the old confrontational duality undercover of nonviolence claims, it means reinstalling the invincibility as the central fantasy, it's being deluded about his own abilities of reaction and eventually it condemns oneself to a paranoid training that consists in awaiting uke's aggression.

 

(What do you mean, I push it far ? icon_redface.gif )

 

We often see O Sensei initiating uke's moves with a tiny sign, a nothing, a gesture, an opening - and having reached his level he did not need more these subtle signs... The moment he reacts to that stimulus, Uke is no longer master of its destiny.


Concretely and symbolically Yamabiko no michi is a major concept of Aikido.

 

---

 

As a conclusion, let the master teach.

Beware of micro signs to well-trained ukes: at 0'26, 0'34 it is obvious.

 

 

 

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