Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 00:00

 

Harry and Jo walk together...

 

 

Un précédent post explorait les relations du jo et de la baïonnette en effleurant celles avec la lance ou yari. Cette arme est pourtant vraiment intéressante dans l'étude de l'Aikido comme me le révéla Matthieu Jeandel.

 

Précision: il ne faudrait pas superposer lance et yari qui sont deux "paradigmes" différents. Trop souvent on parle de "lance" d'une façon générique sans préciser de quoi il est question. Or il existe quantité de lances et quantité de yari différents (Cf. plus bas). La lance des Masaï ou le pilum romain ne sont pas des yari, eux-mêmes déclinés en de nombreux modèles. Les liens de la lance (au sens large) et du yari sont étroits mais les deux armes ne sont pas équivalentes. La lance est surtout une pointe, la plus primitive des armes (à la fois javelot et épieu), une des plus efficaces aussi - les lions d'Afrique font le détour...

 

Pour l'exposé qui suit, les deux termes sont reliés car leur proximité est évidente mais ils ne sont pas superposables.

 

La lance / yari, est une arme à la croisée des chemins: une arme de l'infanterie (peu chère, adaptée à des troupes nombreuses à l'époque où les invasions mongoles ont généralisé son usage), une arme individuelle qui incite à une exploration et un raffinement technique extrêmes (comparable en cela au sabre pour son rôle de formation au "fighting spirit", CF. l'article de N.Delalonde) et enfin une arme "spirituelle" dont la valeur dans la cosmogonie japonaise tombe sous le sens.

 

De nombreux courants et experts refusent purement et simplement de l'inclure dans leur curriculum voire dans l'aïkido lui-même. Certains optent pour un moyen terme technique trop long à développer ici mais qui considère que la qualité / faculté de frappe du jo est suffisante pour tout expliquer, rejetant la coupe qui est une des possibilités additionnelles du yari et pas la moindre. C'est respectable mais je trouve cela limitant.

 

La création des katas d'armes et tout le curriculum du bukiwaza fut décidément un coup de génie de Saito sensei qui le différencie de tous les autres. Le kata est en effet comme une grammaire, une pierre de Rosette à destination des pratiquants futurs.

 

 

Aparte irrespectueux. Je me souviens ainsi avoir vu un "shihan" de Tokyo (je me suis empressé d'oublier son nom, je le jure) essayer de faire un cours d'armes, ou plutôt essayer d'expliquer la relation entre bukiwaza et tai jutsu (en délivrant à l'occasion de mauvais yoko geri). C'était tout simplement pathétique.


 

Un grand nombre d'arguments plaident pourtant en faveur de l'étude de la lance / yari.

 

D'abord par ce que O sensei la pratiquait beaucoup.

 

2005-02-07

 

 

Sa formation initiale faisait une part belle à la manipulation de cette arme centrale dans la mythologie shinto qui lui tenait tant à coeur. Il étudia dès le départ le sabre, la lance et le jujutsu. Il étudia aussi l'école Kashima shintô (son nom apparaît dans le registre des élèves d'avant-guerre). L'école Kashima comprend comme par hasard l'étude des naginata, yari, jô et bo... Cette formation grand angle était très commune et il n'y a décidément que notre époque moderne (qui a tout très mieux compris) pour dissocier les apprentissages.

 

osenseilance-copie-1

 

Il étudia très jeune l'Hozoin-Ryu Sojutsu, dont un ancien poème Japonais dit:

Elle peut être une lance pour percer...

elle peut être une perche (bâton) pour couper

elle peut être une faucille pour couper

quoi qu'il arrive elle ne rate jamais sa cible.

 

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(Quelle prétention!!! Jamais? Voir plus bas).

Le site japonais de l'école.

Une école en Allemagne.  Le soke de l'école, Kagita Chubei, sensei, vient juste de mourir, on espère que la relève est là, déjà que nombre de katas sont perdus...

 

La lance de l'Hozoin-Ryu Sojutsu se caractérise par la forme en croix de sa lame. On peut l'utiliser pour planter, tourner vers le bas, couper, frapper, glisser... etc. Comme l'explique le site: Two dimensionally and three dimensionally. (Voir plus bas).

 

Tamura sensei le déclarait sans aucune hésitation dans une interview  à Léo Tamaki: le jo vient de la lance. Il n'approfondit ni sur la signification de cette équation (qui lui semblait peut-être évidente) ni sur la relation de l'un à l'autre d'ailleurs, je ne sais s'il enseignait le jo et dans quelle optique, le témoignage de ses anciens élèves serait ici précieux (Eric...).

 

Quelques éléments de réponse? Le travail du jo en Aïkido vient de la lance. Il semble que (à la fois affirmatif et vague), les techniques de yari soit à l’origine du jo tel qu’on l’utilise en Aïkido.

 

Et c’est vrai que l’on retrouve un peu le même type de mouvements. Dans sa jeunesse il utilisait de longues lances mais je l'ai surtout vu travailler avec des te yari (le passage de la lance de l'Hozoin ryu au te yari n'est en effet pas innocent). Osenseï faisait généralement glisser le jo, c'est une façon de frapper très différente du Jodo. (... précisément parce que ce n'est pas du Jodo et que la frappe du yari est différente d'une frappe strictement contondante).

 

Comme on le verra plus bas, non seulement les techniques de jo viennent beaucoup du yari mais la plupart des katas ne se comprennent pas pleinement si on n'utilise pas la notion de coupe (dans les trois dimensions).

 

Selon Ethan Weisgard, les techniques de jo que O sensei a compilé et enseigné semblent être sa création propre à partir de mouvements d'armes comme le yari, la bayonette et le ken. (Ce qui est déjà plus précis).

 

Alors le yari?

 

Il faut d'abord voir qu'il s'agit d'une arme incroyablement complexe tant en termes de formes que d'usages. On parle ici de toute une histoire et d'une évolution au fil des siècles. La période Sengoku Jidai (les royaumes combattants, 1336-1573) fut une époque troublée qui mit en présence des armées nombreuses où le combat à cheval devint moins important que le combat d'infanterie. Les bushi comprirent vite que l'arme des pauvres, les ashigaru, devenait une arme de choix, supérieure au sabre à de nombreux points de vue - à commencer par son allonge... De nombreux katas opposent sabre et lance, et les avantages semblent évidents.

 

Cette adoption transforma la lance primitive en yari et en fit une des armes les plus mortelles de l'histoire. Cette page offre un aperçu des multiples formes que le yari a pris au cours du temps en fonction des usages visés. Une recherche Google en montrera l'incroyable diversité.

 

Par exemple cette page et cette page.

Egalement une excellente page sur les armes japonaises.

 

Sur la forme générale du yari.

 

Une des caractéristiques les plus importantes du yari est que l'arme présente certes une pointe pour l'estoc mais aussi des bords tranchants pour la taille (Hasaki) lattéralement et d'avant en arrière (tri dimensionnelle...). Cette taille, cette coupe était très variable et pouvait s'exercer en avant, en arrière, pour couper, pour décapiter, couper les membres du corps, bloquer l'arme adverse, couper les jarrets de chevaux, accrocher les cavaliers pour les jeter à terre, frapper ou "hameçonner" lorsque la charge vous emmenait au-delà de l'adversaire, en utilisant deux, trois tranchants ou une forme particulière, etc.

 

La forme jumonji yari, classique de la Hozoin-Ryu Sojutsu, devait permettre pas mal de variations.

 

De quoi reconsidérer de nombreux mouvements qui semblent simples, par exemple le yokomen bas du 2ème kumijo qui peut se transformer en coupe-jarret et positionner ainsi l'arme de façon idéale pour le tsuki suivant.

 

Mais il existait aussi la forme kamayari qui servait à hameçonner les cavaliers ou les sabreurs. La prodigieuse variété des usages excède largement nos conceptions le plus souvent étriquées de cette arme. ...

 

Un point particulièrement intéressant est que l'arrière du yari (Ishizuki) est fait de métal servant de contrepoids. On peut traduire "Ishizuki" ( 石突き ) par "casseur de rocher". Le nom a probablement été choisi pour signifier le pouvoir destructeur généré par le Ishizuki avec une frappe bien ajustée ("assez fort pour casser un roc" en quelque sorte). Les recherches archéologiques ont montré qu'une des causes de décès assez commune était la fracture du temporal (sur le côté de la tête) dont la cause semble avoir été une frappe avec l'arrière de la lance... Cela dit il est vraisemblable que les blessures soient dues à un jet de pierre, ou à un "todome", le coup de grâce donné une fois l'ennemi à terre, avec l'arrière de la lance (pour ne pas abîmer la lame).

 

Cela dit il existait des formes pointues dont l'usage semble très mystérieux ! 

 

images


 

Le yari peut donc aussi permettre une frappe avec l'arrière, mouvement qui se retrouve dans de nombreux kata d'aikido mais aussi de naginata.

 

Comme avec le makila basque (le bâton de marche et de combat contre les chiens et les ours) qui est très similaire en ce qu'il présente un bout pointu d'un côté et une masse de fer de l'autre (comme un Shillelagh irlandais qui lui aussi a subi cette évolution de taille...). Les bonnes recettes sont universelles.

 

Tout aussi intéressant, le yari était équipé d'une série de bagues d'acier ou de métaux non ferreux (mizugaeshi) à l'arrière, juste au dessus du Ishizuki pour renforcer cette partie de l'arme soumise à rude épreuve lors des chocs (effets de levier), éviter que le bois ne soit détrempé mais aussi, surmontée d'une série de colliers en métal, pour protéger l'arme des coupes de sabre (on trouve les mêmes en dessous de la lame aussi pour des usages similaires). Ceci indique que l'arme pouvait aussi servir à dévier une coupe de sabre, soit pour créer l'ouverture, engager la contre attaque (par exemple à la tempe) ou tout simplement frapper en première intention si l'arrière était plus pratique ou logique. Soit l'équivalent du "butt strike" des Marines à la bayonette. Cette frappe existe d'ailleurs encore en Edo Yagyu shin kage ryu selon un élève de cette école.

 

Cette video d'un kata de naginata montre clairement l'usage de l'arrière de l'arme pour dévier une coupe. Dans la mesure où le yari est aussi l'héritier du naginata, on verra clairement que les opportunités de frappe ne manquent pas même si Ishizuki n'est pas privilégié.

 

Il est malheureux que de nombreux katas aient disparu ou soient indisponibles, heureusement que les katas de naginata, plus pratiqués, nous renseignent sur les possibilités techniques du passé, notamment l'usage fréquent de gaeshi.

 

Ainsi le yari peut aussi être utilisé pour frapper et couper en retournant l'arme (gaeshi), ce qui peut expliquer le renversement du 1er kumijo après le choku tsuki initial, le plus souvent interprété comme une défense sur le yokomen mais qui fait aussi bien sûr irrésistiblement penser à gedan gaeshi.

 

La lance / yari a de longue date fait partie du curriculum de nombreuses écoles (on pense à la lance longue du Kukishin ryu dont O sensei fut très proche). Les videos disponibles sur internet montre l'importance des coupes dans les mouvements, au sein d'une myriade de variations et de nuances qui en font une arme très complexe et polyvalente. Le Daito ryu Sagawa ha utilise aussi la lance  mais d'une façon différente de l'Aikido au moins celui d'Iwama. Je serais curieux d'en savoir plus sur le bukiwaza du Yoshinkan.

 

Il a aussi existé des yari courts (1,75m), te yari, que O sensei utilisait abondamment à Iwama (il s'entraînait seul à la lance, plus dangereuse et prenait un jo avec un partenaire). On peut voir dans un film son fils l'attaquer avec celle-ci.

 

Après 1942, le jo remplacera largement yari et junken. Ce choix est à relier au cheminement du jutsu vers le do. La mise en avant du jo est un choix pédagogique qui permet une très grande richesse de situations en travaillant avec les deux extrémités de l'arme. C'est une arme / outil plus sûre et que l'on peut utiliser tout en conservant les aspects martiaux sous-jacents.

 

Le parallèle avec la baïonnette pousse encore plus loin la parenté entre yari, jo et baïonnette en termes de grammaire avec ou sans arme. Dès que l'on plonge un peu dans le détail, les parallèles se multiplient. Les formes Jumonji et kamayari semblent suggérer des usages en tirant, poussant, coupant.

 

Il n'est pas inutile de reprendre ici en le détaillant l'exemple des paramètres d'entraînement des US Marines. Les Marines ne peuvent se tromper, se raconter des couillonnades ou se réfugier dans un confort de pensée: leur vie est en jeu. Leur ouverture d'esprit est remarquable au sens où ils sont allés se documenter sur la plupart des systèmes de combats (cf. Plus bas).

 

The Marine Corps Martial Arts Bayonet System "Every Marine is a rifleman."

 

Lorsque le Marine Corps s'est engagé dans une refonte de son sytème de combat, ils ont consacré une bonne partie de ce programme à reformuler leur système de baïonnette en s'inspirant de leurs expérience propres (les techniques qui marchent en temps de guerre), d'une recherche sur les systèmes de lance dans le monde et enfin l'expérience de première main de ceux qui ont eu à se combattre à la baïonnette dans les conflits récents (Depuis la 2ème guerre mondiale jusqu'à l'Irak).

 

Deux buts majeurs:

- Savoir se servir de la baïonnette car même au 21 ème siècle c'est encore très utile et ça le restera

- Deuxième but: l'entraînement à la baïonnette contribue à acquérir l'état d'esprit nécessaire au combat (ce qui rejoint l'article de Nicolas D).

 

Les Marines sont très clairs sur un point: compte tenu de l'arme et des contraintes de temps, ils vont au plus simple, pas d'escrime ici, pas de parades, pas d'affrontement long, on tue le plus vite possible. C'est très judicieux quand on sait à quel point la peur liée au combat limite nos capacités.

 

Leur outil principal est le tsuki appelé "thrust". Les coupes ("slash") ne sont utilisées qu'au plus près pour se dégager et achever ensuite sur un tsuki. C'est parfaitement cohérent si on y réfléchit avec le 1er kumijo qui commence précisément par les deux tsuki fondamentaux.

 

Les videos disponibles de Jukendo renforcent cette donnée: le tsuki est le mouvement de base, le fondement. Il faut quand même considérer la baïonnette comme une arme par nécessité terriblement primitive par rapport aux infinies possibilités de la lance / yari. Ce qui est remarquable c'est que les fondamentaux demeurent les mêmes. Ici encore le 1er kumijo est très cohérent puisque l'on peut considérer le deuxième temps (jodan uchi) comme une coupe suffisante en elle-même ou bien une préparation du yokomen qui se trouve dans sa continuité, puisque la fin d'un mouvement est le début du suivant.

 

Cette logique est adoptée de longue par les Marines dans leurs enchaînement de base dont on retrouve assez facilement la logique dans cette video). Enchaînement classique coupe / tsuki qui peut aussi s'adresser à deux adversaires.

 

Le système d'entraînement.

 

A commencer par la posture: le point principal est que l'arme doit être solidaire de la hanche en bloquant / verrouillant la main sur la hanche / le côté. Planter une arme dans une cible dure demande que les hanches soient plutôt de face, au minimum que la résultante des forces aille droit devant en verrouillant / solidarisant étroitement l'arme et la hanche arrière. Il est explicitement dit que dans cette position la force provient du corps et se prolonge par les bras.

 

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Savoir se déplacer est crucial puisqu'ils considèrent que 2/3 de la compétence consiste à savoir bouger. Ils utilisent le jukendo (dont O sensei devint virtuose pendant la guerre au point d'en devenir instructeur et s'être fait muter dans un régiment de première ligne) et utilisent le mokujū pour leurs entrainements. Nul doute que le jukendo a bénéficié de la longue tradition du yari.

 

Leurs exercices de base:

- à 6 mètres de distance, défense contre slash / coupe (soit un yokomen). Le but est de cueillir l'adversaire avec un tsuki sans notion de parade. Le but n'est pas de se défendre mais de réaliser sa propre attaque. C'est à nouveau parfaitement cohérent avec le premier kumijo.

- ensuite "défense" contre tsuki. Ici encore, on ignore l'attaque, tout au plus on rebondit sur l'arme adverse. - ensuite défense contre attaques multiples (tiens, tiens )

- combat groupe contre groupe (4 vs 4)


 

...

 

 

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En définitive,  le jo en Aikido est une arme / un outil qui incorpore les enseignements et spécificités de la lance / yari, sans doute du naginata au moins de façon dérivée, de la baïonnette et enfin du jo lui-même.

 

L'aiki jo n'est pas pour autant une superposition de techniques plus ou moins reliées. Il n'est pas seulement une lance ou une baïonnette ou un jo, il est tout cela à la fois, c'est une arme qui synthétise en les respectant mais aussi en les dépassant les formes les plus éprouvées des armes du passé.

 

Comme le dit Matthieu Jeandel (une fois de plus, le mot juste...), les formes de ces trois armes sont proches et l'originalité de l'aikido n'est pas dans le fait d'avoir une lame ou de ne pas se protéger, mais dans la manière de le faire...

 

D'un point de vue historique, la relation entre jo et yari peut être contestée ou niée au nom d'une orthodoxie plus ou moins étayée et crédible. Mais il est bien plus intéressant de se demander ce que le yari peut apporter au pratiquant d'aikido. Toutes ces distinctions rigides entre disciplines ne signifient pas grand chose historiquement et techniquement. S'interroger sur le statut "réel" du jo est d'un certain point de vue moins intéressant que s'enrichir de la tradition technique que O sensei connaissait évidemment. L'aikijo n'est pas que le yari ou la lance (ou le naginata dont il faudrait parler) mais il est aussi cela.

 

D'un point de vue technique, la prise en compte de la capacité implicite de(s) coupe(s) du jo fait entrer la pratique dans une autre dimension: de nouvelles possibilités émergent et dévoilent de nouveaux aspects du kata et sa relation avec le tai jutsu.

 

Il serait trop long de les détailler ici (et je suis loin d'en avoir fait le tour): ce qui semble une parade dans le kata devient autre chose et induit autre chose pour le tai jutsu. La primauté de tsuki éclaire par exemple cette notion d'irimi atemi souvent citée, rarement pratiquée.

 

L'exemple de jodan uchi est aussi assez parlant mais il en existe de nombreux autres. Prenons par exemple le 1er mouvement du 2ème kumijo: il est à la fois un uppercut et une coupe à la carotide gauche. Le lien avec irimi nage ou plutôt la forme de corps induite par ce mouvement sera très utile pour entrer irimi nage ou autre, en comprendre la logique. Il faut pour cela abandonner l'idée que ce mouvement est une défense, une réaction: il s'agit d'un irimi pur, un mouvement décisif en tant que tel que ne renieraient pas les Marines.

 

Cela induit de nombreuses conséquences sur les positions de pieds, les déplacements, la logique d'ensemble et l'exécution des mouvements un par un. Avec cette notion en tête, les mouvements se répondent entre eux de façon très cohérente. On perçoit alors la profondeur du kata sous un jour nouveau à mesure que sa richesse se dévoile.

 

 

Les histoires d'orthodoxie, de personnes, de filiation sont globalement inintéressantes de mon point de vue. Ce qui compte c'est la richesse et la cohérence technique. On saluera au passage feu Morihiro Saito pour ces katas remarquables qui agissent comme une sorte de conservatoire, de parchemin vivant. Leur profondeur dépasse de loin les apparences.

Par Léon - Publié dans : Technique
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